Sur TikTok, le compte @615.explo attire l’attention des amateurs d’urbex et de sensations fortes. Des grues de chantier aux toits du centre-ville, en passant par le clocher de l’église Saint-Clément, la Tour Bretagne ou même à l’arrière de trains, cet explorateur urbain documente ses ascensions et cumule les vues sur ses vidéos, entre vertige et vues imprenables sur la ville.


L’urbex, c’est quoi ?
L’exploration urbaine (ou « urbex ») consiste à s’infiltrer dans des lieux abandonnés, inaccessibles ou en hauteur — usines désaffectées, chantiers, toits, grues — pour les photographier ou les filmer. À Nantes, la pratique a de quoi séduire : la ville compte de nombreux chantiers, une skyline en mutation avec l’île de Nantes, et un patrimoine industriel qui attire les curieux depuis des années.
Le compte @615.explo s’inscrit dans cette veine, avec des images marquantes : la vue depuis des grues de chantier, le sommet du clocher de Saint-Clément, une intrusion en haut de la Tour Bretagne, et même des séquences filmées sur le toit de trains. Ce type de contenu génère un vrai engouement sur les réseaux, où les comptes de « rooftopping » et d’urbex cumulent parfois des millions de vues, en France comme à l’étranger.






Une pratique spectaculaire… mais loin d’être anodine
Il faut être clair : ce que montrent ces vidéos n’est ni légal, ni sans risque.
- C’est une infraction. Grimper sur une grue, s’introduire dans un bâtiment comme la Tour Bretagne, sur un toit privé, dans un édifice religieux fermé au public ou sur du matériel ferroviaire relève, selon les cas, de la violation de propriété privée, voire d’infractions plus lourdes (intrusion sur une emprise ferroviaire, mise en danger, dégradations). Les gestionnaires de sites et la SNCF portent régulièrement plainte contre ce type d’intrusions.
- C’est dangereux, sans filet. Ces ascensions se font sans aucun équipement de sécurité homologué, à des dizaines de mètres de hauteur, sur des structures qui ne sont pas prévues pour être escaladées. Chaque année, des accidents graves — parfois mortels — sont recensés chez des pratiquants d’urbex et de rooftopping partout dans le monde.
- Monter sur un train, c’est un risque à part. Contrairement à une grue ou un toit, le danger n’est pas seulement la chute : les caténaires qui alimentent les trains transportent plusieurs milliers de volts, et l’électrocution peut survenir même sans contact direct, par simple arc électrique à l’approche de la ligne. C’est l’une des pratiques les plus meurtrières de l’urbex, régulièrement à l’origine de décès ou de mutilations graves (amputations) chez des jeunes, en France comme ailleurs.
- Les images donnent une impression trompeuse. Une vidéo bien montée peut faire paraître l’exercice maîtrisé, presque simple. La réalité du terrain (vent, structures instables, fatigue, absence de secours à proximité) est tout autre.


Nous parlons de cette pratique parce qu’elle est bien réelle et visible à Nantes, pas pour en faire la promotion. Si l’attrait pour l’urbex et les vues en hauteur est réel, il existe des façons de le vivre sans risquer sa vie ni la loi : visites de sites patrimoniaux organisées, points de vue accessibles au public depuis un rooftop, une via ferrata ou un observatoire ouvert à la visite, ou encore urbex encadrée dans des lieux abandonnés où l’accès est toléré ou autorisé.
Sortiesanantes.fr ni n’encourage ni ne cautionne les intrusions sur des chantiers ou des propriétés privées.






