Troisième samedi de suite dans la rue, et toujours autant de détermination. Ce samedi 31 octobre, environ 8 000 personnes ont manifesté à Nantes selon la CGT, malgré un centre-ville interdit et des ponts bouclés. Côté casse, côté blessés : la journée s’est terminée bien mieux que ce que beaucoup redoutaient.
Des milliers de manifestants malgré les interdictions
Il fallait le vouloir, samedi, pour aller manifester. La veille au soir, la préfecture de Loire-Atlantique avait publié une série d’arrêtés : rassemblements interdits de 10h jusqu’au dimanche 6h dans le centre-ville de Nantes, autour du centre commercial Beaulieu, à Atlantis et dans le secteur du Bois Dormant. Un couvre-feu visait aussi les mineurs non accompagnés à partir de 20h. Le préfet qualifiait la journée de « à haut risque », craignant que des casseurs profitent d’Halloween pour se mêler aux cortèges.
Résultat ? Les Nantais se sont adaptés. Le rendez-vous a été donné en début d’après-midi place de la République, sur l’île de Nantes, en dehors du périmètre interdit. Vers 15h45, la place était noire de monde, et le cortège s’est ensuite dirigé vers le palais de justice.
Les ponts menant au centre-ville (Anne-de-Bretagne, Haudaudine, Audibert, passerelle Schoelcher) étaient fermés par les forces de l’ordre, y compris aux piétons. Une partie des manifestants a finalement rejoint le secteur de la croisée des trams en fin d’après-midi en passant par le pont Tabarly. Quelques tirs de gaz lacrymogène ont eu lieu, avant une dispersion vers 18h30.
Un mouvement qui ne s’essouffle pas
Après le 17 octobre, puis le 24, beaucoup se demandaient si la mobilisation allait tenir dans la durée. Samedi a apporté une réponse claire : oui. Interdictions, ponts fermés, veille de week-end de la Toussaint… et pourtant des milliers de personnes ont répondu présent pour dénoncer la vie chère et défendre les libertés publiques.
La suite est déjà fixée : la CGT 44 appelle à la grève et à manifester jeudi 5 novembre, à 10h, au Miroir d’eau.
Aucune boutique pillée, aucun bâtiment public dégradé
C’est sans doute la meilleure nouvelle de la journée. À notre connaissance, aucune vitrine n’a été brisée, aucun commerce n’a été pillé et aucun bâtiment public n’a été attaqué ou dégradé. Les commerçants du centre-ville, qui s’attendaient au pire, peuvent souffler.
Aucun blessé à déplorer
Autre motif de soulagement : nous n’avons eu connaissance d’aucun blessé, ni parmi les manifestants, ni parmi les forces de l’ordre. Après des semaines de tension, ça mérite d’être souligné.
52 interpellations, la plupart remises en liberté
Dès 16h45, la préfecture annonçait cinq interpellations pour port de matériel interdit en marge du cortège. Le bilan communiqué à 22h30 faisait état de 52 personnes interpellées à Nantes et à Saint-Nazaire, sans précision sur les motifs. Pour comparaison, la journée du 24 octobre s’était soldée par 77 interpellations dans le département.
Selon nos informations, la plupart des personnes interpellées samedi ont depuis été remises en liberté. Cinq doivent être présentées à un magistrat.
Et maintenant ?
Rendez-vous jeudi 5 novembre pour la journée de grève interprofessionnelle. Nous continuerons à suivre la mobilisation sur le terrain et à vous tenir informés, ici et sur nos réseaux.






