Depuis le 7 février 2026, plusieurs piliers de la vie culturelle nantaise sont touchés par un mouvement social d’ampleur. Les équipes des Les Machines de l’île, du Château des ducs de Bretagne et de l’office de tourisme, au sein de Le Voyage à Nantes, dénoncent des conditions de travail dégradées et un manque de reconnaissance. Derrière les vitrines touristiques, le malaise est profond.
Un ras-le-bol généralisé
Le mouvement est parti des Machines de l’île avant de s’étendre au Château et à Nantes Tourisme. Les salariés évoquent une surcharge de travail, une polyvalence accrue et des rémunérations jugées insuffisantes face au coût de la vie. Plusieurs services fonctionnent au ralenti, certaines billetteries sont fermées et des visites annulées.
En interne, beaucoup parlent d’un véritable ras-le-bol. Et selon plusieurs agents, d’autres services pourraient suivre si aucune avancée concrète n’est obtenue.
Communication politique vs réalité du terrain
Ce climat social tendu contraste avec la communication affichée par la maire sortante, Johanna Rolland, qui met régulièrement en avant l’ambition culturelle de la ville à travers des formules fortes et des slogans valorisant l’avenir culturel de Nantes.
Mais sur le terrain, les agents mobilisés décrivent une autre réalité : tensions budgétaires, pression organisationnelle et manque de dialogue. Le décalage entre les éléments de langage institutionnels et la situation vécue en interne alimente aujourd’hui la colère.
Les artistes nantais en question
Au-delà des salariés, plusieurs acteurs culturels locaux s’interrogent également. Certains artistes nantais estiment être peu sollicités dans les grandes programmations portées par Le Voyage à Nantes, qui fait régulièrement appel à des artistes nationaux et internationaux pour ses événements majeurs.
Si cette stratégie contribue au rayonnement extérieur de la ville, elle suscite aussi des critiques : des créateurs locaux regrettent un manque de mise en lumière et un soutien jugé insuffisant à l’échelle municipale.
Un modèle à bout de souffle ?
La grève actuelle dépasse la simple question salariale. Elle interroge plus largement le modèle culturel nantais : équilibre entre attractivité touristique et conditions de travail, visibilité internationale et soutien au tissu artistique local.
En attendant une issue aux négociations, une chose est sûre : la culture nantaise traverse une zone de turbulences. Et derrière les slogans et les campagnes de communication, c’est tout un écosystème qui demande aujourd’hui à être entendu.





