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Le collectif Nous Toutes demande l’annulation du spectacle d’Ary Abittan à Nantes

Le collectif féministe Nous Toutes appelle à l’annulation du spectacle d’Ary Abittan, notamment à Nantes, où la représentation est maintenue à la Cité des Congrès, un équipement culturel emblématique de la ville. Une décision vivement critiquée par l’association, qui y voit une contradiction avec les engagements affichés de la municipalité.

Une mobilisation contre la programmation de l’humoriste

Dans plusieurs prises de parole publiques, Nous Toutes dénonce la programmation d’Ary Abittan, estimant qu’elle envoie un mauvais signal dans un contexte de lutte accrue contre les violences sexistes et sexuelles.
Le collectif rappelle que la visibilité accordée à certains artistes peut être vécue comme une violence symbolique pour les victimes, indépendamment de l’issue judiciaire des affaires les concernant.

Une affaire judiciaire toujours au cœur des tensions

Ary Abittan avait été mis en cause en 2021 dans une affaire de viol, après une plainte déposée par une jeune femme. En 2023, la justice considérant que les éléments du dossier ne permettaient pas de caractériser l’infraction décidé d’un non lieu. Une décision qui lui permet légalement de poursuivre sa carrière, mais qui ne met pas fin aux débats sociétaux et militants autour de sa présence sur scène.

Nantes, « ville non sexiste », mais un spectacle maintenu

À Nantes, la polémique prend une dimension particulière.
La Cité des Congrès, structure soutenue par les pouvoirs publics, a choisi de maintenir le spectacle, alors même que la mairie de Nantes communique régulièrement sur son engagement en faveur d’une “ville non sexiste” et sur ses actions en matière d’égalité femmes-hommes.

Pour Nous Toutes, cette situation illustre une incohérence politique et symbolique :
afficher des engagements forts contre les violences sexistes tout en accueillant un artiste mis en cause dans une affaire de viol serait, selon le collectif, incompatible.

Liberté artistique ou responsabilité des institutions ?

Le collectif insiste sur le fait qu’une relaxe ne vaut pas reconnaissance d’innocence, mais signifie uniquement que les faits n’ont pas pu être juridiquement établis.
Il appelle les institutions culturelles et les collectivités à assumer une responsabilité morale, au-delà du strict cadre judiciaire. De leur côté, les défenseurs du maintien du spectacle invoquent la présomption d’innocence, la liberté artistique et l’absence de condamnation pour justifier la programmation.

Un débat qui dépasse le cas Abittan

Cette controverse relance un débat plus large sur la place des artistes mis en cause dans des affaires de violences sexuelles, et sur le rôle des collectivités dans leurs choix culturels. Un sujet sensible, qui continue de diviser l’opinion publique et les acteurs culturels, à Nantes comme ailleurs.

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